« Je ne veux pas de réduction de peine pour les délinquants uniquement parce qu’il n’y a plus de place dans nos prisons », déclare le président du MR, Georges-Louis Bouchez. « Quelqu’un qui a été condamné à une peine de prison allant jusqu’à cinq ans a commis un délit grave et cela ne mérite pas de cadeaux. Les condamnés doivent purger entièrement leur peine. »
Pour Georges-Louis Bouchez, il existe suffisamment de leviers pour lutter contre cette surpopulation. « La solution consiste à renvoyer les détenus étrangers vers leur pays d’origine. Quarante-trois pour cent des prisonniers dans notre pays n’ont pas la nationalité belge. Et qu’on ne vienne pas me dire que c’est compliqué, car il y a actuellement, par exemple, deux à trois cents détenus marocains que nous pouvons expulser immédiatement. Les autorités marocaines sont même d’accord, mais nos administrations ne donnent pas suite. Le Service public fédéral Justice doit faire son travail. »
« En plus de cela, nous devons construire une prison à l’étranger pour ce type de détenus. Ou, à tout le moins, utiliser des places disponibles dans des prisons étrangères. En Belgique aussi, nous devons créer de nouvelles capacités. N’oubliez pas que certaines ailes de nos prisons sont fermées. C’est peut-être le moment de les remettre en service. Le message du MR est simple : nous n’avons pas formé ce gouvernement pour faire preuve de laxisme. Nous voulons une approche ferme et rigoureuse. Les condamnés doivent purger entièrement leur peine. »
Deux visions
« Il y a deux visions autour de la table du gouvernement », explique le président du MR. « Certains veulent libérer les prisonniers le plus rapidement possible, ce qui est une très mauvaise approche. Et puis il y a la position du MR, qui estime que tous les délinquants doivent être sanctionnés. Si l’on regarde les problèmes liés au trafic de drogue ou aux personnes en séjour illégal qui commettent des délits, nous avons aujourd’hui surtout besoin d’une politique de fermeté. Je constate que les autorités font preuve de beaucoup de créativité et mobilisent volontiers des moyens pour surveiller de près le commerçant honnête ou le citoyen ordinaire, au cas où il aurait peut-être payé un peu trop peu d’impôts. Il vaudrait sans doute mieux utiliser cette énergie pour poursuivre les vrais délinquants et fraudeurs. »